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POUR ALLER PLUS LOIN


L’exposition « C’est notre Terre ! » ne prétend pas apporter une vérité toute faite. Notre ambition est plutôt de présenter, de manière vivante et scientifiquement fondée, l’état des connaissances et de provoquer réflexions, questionnements et débats. Nous avons d’ailleurs clairement défini notre idéologie (L’expo) car il aurait été vain de nous cacher derrière une objectivité scientifique à laquelle les savants eux-mêmes ne prétendent pas.

Voici donc, comme nous le faisons pour toutes nos expositions, des thèmes possibles de débats sur le développement durable, « pour aller plus loin ». Nous avons laissé de côté les questions purement scientifiques, telles la nature, les causes et les effets du réchauffement climatique, pour nous concentrer sur des sujets qui intéressent chacun d’entre nous à titre de membres de la famille humaine, de consommateurs et de citoyens.


1. La question du temps
Le parcours de notre exposition balaie différents ordres de grandeur du temps – temps de la Terre, temps de l’Homme, temps des écosystèmes. Mais qu’est-ce qu’un développement durable ? Autrement dit, dans quelle durée s’inscrit-il ? Car le temps n’est pas le même pour le chef d’entreprise, pour le politique, pour l’historien, pour le paléontologue, pour l’astrophysicien. Le premier, soucieux de rentabiliser son investissement, compte en mois, le second, au mieux en années, le troisième en siècles, le quatrième en centaines de milliers d’années, le cinquième en milliards d’années. Or, la conception du temps change les perspectives. Ainsi, pour un paléontologue, trier les ordures ménagères ne risque-t-il pas de paraître dérisoire ?

Mais occupons-nous plutôt du temps des hommes ?

2. La question du progrès
Trois siècles durant, depuis les Lumières, nous avons vécu avec la foi dans le progrès chevillée au corps. L’approfondissement et l’expansion des connaissances scientifiques entraînaient le perfectionnement infini des techniques, celui-ci, à son tour, étant censé améliorer le sort matériel et assurer la santé morale de l’humanité. Les cataclysmes du XXe siècle – deux guerres mondiales, les deux bombes atomiques qui ont pulvérisé Hiroshima et Nagasaki, les totalitarismes et les génocides, les affres de la décolonisation – ont mis à mal cette idéologie. Puis, voici une trentaine d’années, l’angoisse face à la dégradation de l’environnement a suscité un questionnement sur la notion même du développement, ses effets nocifs et sa limitation volontaire éventuelle, puis l’émergence de l’écologie politique.

Alors, peut-on, doit-on croire encore au progrès humain ?

3. La question de l’idéologie

L’idéologie écologiste donne souvent l’impression de se prononcer contre plutôt que pour : contre l’énergie nucléaire, contre le développement du trafic aérien, contre l’implantation de nouvelles usines, contre la voiture, contre les organismes génétiquement modifiés (OGM)…

Que penser du risque de régression passéiste que comporterait le souci de protéger notre environnement ? Le développement durable passe-t-il nécessairement par le retour à la bougie et à la charrette à boeufs ?

4. La question du « principe de précaution»

Le « principe de précaution » - s’abstenir d’une action tant qu’on n’est pas certain de ses conséquences éventuelles - a été entériné pour la première fois au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, et est entré dans le code législatif français en 1995. La loi Barnier stipule qu’en vertu de ce principe « l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures […] visant à prévenir des risques de dommages graves et irréversibles à l’environnement… » Dix ans plus tard, le Président Chirac a fait inscrire le principe de précaution dans la Constitution de la République française. Dans son application sur le terrain, ce principe a par exemple conduit des militants écologistes à l’arrachage de plantes génétiquement modifiées.

Le « principe de précaution » est-il compatible avec la notion de progrès scientifique et technique ? Constitue-t-il une composante nécessaire d’une politique de développement durable ? Surtout, est-il contraire à la notion de responsabilité envers les générations à venir ? Autrement dit, a-t-on le droit de se s’interdire aujourd’hui ce qui sera peut-être indispensable demain ?
 

Photos

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Débats

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